38. Inde. A dos de dromadaires, dans le désert du Thar.

Jaisalmer, le 10.02.04.

Le Rajasthan est bien une des plus belles régions qu’on ait vu de l’Inde.
Notre retour dans cette région a d’abord été marqué par quelques jours à Udaipur. Si Udaipur est connu pour ses somptueux palais de Maharadjahs au bord des lacs, elle est aussi célèbre pour avoir servie de décor à l’agent 007 dans Octopussy ! On ne manque de nous le rappeler. Puis, après la visite du plus grand temple jaïn d’Inde à Ranakpur (temple a l’architecture très complexe et de toute beauté), nous avons fait étape à Jodhpur. La forteresse de Mehrangarh qui domine la ville offre une vue époustouflante (dixit Le Routard, et c’est vrai !) sur toutes les maisons aux teintes bleues.
Ensuite, nous nous sommes enfoncés dans les profondeurs du désert du Thar pour atteindre Jaisalmer. Comme toute la région est proche de la frontière avec le Pakistan, l’armée est très présente ici, ce qui a au moins l’avantage d’offrir un réseau routier impeccable. Et en Inde c’est loin d’être toujours le cas. Jaisalmer est une ville attachante avec son fort à l’allure d’un grand château de sable et ses petites ruelles encore habitées et animées. Mais c’est surtout notre balade au village de Khuri qui restera un bon souvenir. Situé à 45 km de Jaisalmer, Khuri est un village typique de cette zone désertique où l’été les températures deviennent diaboliques ! Les maisons ressemblent à des huttes africaines avec les murs en torchis et les toits en paille. Elles sont également peintes et organisées autour d’une cour. Le sol qui a l’allure de la terre battue est en fait réalisé en bouse de vache mélangée à de l’eau et étalée à la main par les femmes. En séchant, ça forme une croûte dure et pas du tout odorante. Dans ce village, nous avons rencontré le potier du village qui n’utilise pas l’argile pour faire ses pots, mais un mélange de crotte d’âne, de sable du désert et d’eau. Les grandes jarres qu’il fabrique sont destinées aux villageois, qui en échange lui fournissent de la nourriture. Les enfants etaient ravis de voir ce drôle de magicien ! Dans les chemins du village, les femmes s’affairent aux travaux quotidiens, un petit balai à la main, un pot d’eau ou un fagot de bois sur la tête, autour d’un feu à préparer le repas... Les hommes, magnifiques avec leurs turbans Rajputs et moins préoccupés par les taches ménagères discutent autour d’un chai massala, le thé au lait légèrement épicé à la cardamome et au gingembre. Délicieux
Et puis nous sommes partis pour une petite expédition dans le désert, à dos de dromadaire, pour aller voir le coucher de soleil sur les dunes. Le désert a toujours quelque chose de magique et les enfants ne se sont pas fait prier pour courir dans les dunes. Juchés sur la bosse de notre dromadaire, on se dit que cet animal est vraiment étonnant. Sa façon de mastiquer ne lui donne pas forcément l’air intelligent, mais sa démarche nous berce et il semble gravir les dunes sans effort. La montée sur le dromadaire, fait bien rire les enfants : l’animal se déplie et dans un grand mouvement d’avant en arrière et de bas en haut, se dresse sur ces pattes. Ouh la la, il faut bien s’accrocher. !
Après le coucher du soleil, les dromadaires repartent en procession vers le village, au petit trot. Les fesses nous chauffent alors que la nuit et le froid sont tombés sur Khuri.

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© petittour - 2003